MOUNIA RHKA
Entrepreneuriat
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Rendre les réussites féminines plus visibles

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3 min

A l’occasion de la 7ème édition de la Journée de la Femme Digitale, #LetsgoFrance a rencontré Mounia Rhka. Responsable du Seed Club chez ISAI, un fonds qui compte plus de 80 entrepreneurs et finance de jeunes start up à fort potentiel, Mounia Rkha constate au quotidien le manque de mixité dans l’univers de la Tech. Donner plus de visibilité à des femmes entrepreneures permettrait-il de susciter des vocations ? C’est le sens du combat qu’elle mène avec StartHer, association dont elle est cofondatrice.

En France, les femmes occupent 48 % des postes tous secteurs confondus mais ne représentent que 16 % des salariés de la Tech. Comment expliquez-vous cet écart ?

Mounia Rkha : La Tech est encore victime de certains clichés et serait dans l'inconscient de beaucoup de femmes, un secteur réservé aux hommes. Il est donc nécessaire de lutter contre ces idées reçues et d’agir au niveau de l'éducation, un domaine crucial mais encore peu adressé. Chez StartHer, nous croyons beaucoup à l'influence des modèles. C'est pourquoi j'interviens avec d'autres femmes dans des collèges pour échanger et parler de mon parcours afin de permettre à des jeunes filles de s'identifier et ouvrir leur champ des possibles.

 

Le secteur français de la Tech peut-il apprendre de ce qui se fait ailleurs en matière d'égalité ?

M.R : Les femmes sont globalement confrontées aux mêmes problèmes partout, même si chaque pays possède ses subtilités. En France, les femmes sont par exemples confrontées à un ralentissement de carrière prononcé au moment du congé maternité. Ce déséquilibre est moins net dans les pays scandinaves qui disposent d'un congé paternité digne de ce nom. Autre exemple : il y a souvent une certaine indifférence en France face à certaines blagues ou remarques misogynes, chose inimaginable dans les pays anglo-saxons. A l'inverse, la France s'en sort mieux, notamment que les Etats-Unis, sur la question des différences de salaires.

 

Si les écarts de salaires entre hommes et femmes dans la Tech en France restent prononcés, les start up montrent l'exemple. A poste équivalent, les écarts de revenus se réduisent à 600 euros bruts... En faveur des femmes. Les start up auraient-elles trouvé la solution miracle ?

M.R : L'économiste américaine Claudia Goldin a étudié les écarts de salaires entre hommes et femmes aux Etats-Unis pour isoler ce qui relevait de la discrimination et d'autres facteurs. Elle a démontré que comme les femmes prennent davantage en charge certaines contraintes familiales, elles s'en sortent mieux dans les entreprises qui offrent davantage de flexibilité horaire, ce qui est le cas des start-up. Autre raison : les dirigeants de start up sont en moyenne plus jeunes et donc plus ouverts sur ces questions.

 

Autre champ de bataille : le financement. Seules 2,6 % des entreprises du numérique financées par des fonds d'investissement sont dirigées par des femmes. Le manque de mixité des équipes d'investissement serait-il à la racine de ce déséquilibre ?

M.R : Si plus de mixité dans les équipes d’investissement serait évidemment bénéfique, cela ne résoudrait pas tout. Il n’est d’ailleurs pas impossible que certaines femmes recrutées finissent par adopter les codes en place, au lieu d’apporter une diversité de point de vue ! C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir une réflexion plus profonde sur le sujet en partant de faits précis. Chez ISAI, nous collectons par exemple de la data sur ce sujet et avons suivi l’appel du collectif Sista à comptabiliser dans notre CRM les projets menés par des femmes pour voir si nous les traitons de la même façon.


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